Le Jazz comme on l'aime ...

Prochaine réunion du Hot Club

 La prochaine réunion aura lieu le samedi 30 septembre.

 

C'est la rentrée au HOT CLUB !

 

Pierre Christophe nous propose une soirée en  3 parties :  

 

 - Retour aux fondamentaux :

avec de "vieux" disques des années 1920 - 1930 : la beauté du jazz des origines.

 

- Quelques saxos méconnus :

Des talents trop ignorés à découvrir.

 

 

- Quelques vidéos récentes :

Pour terminer du jazz en image.

 

Tous au Hot Club le 30 septembre.

 

Prochain concert

Nirek Mokar & his Boogie Messengers

 

le samedi 28 octobre à L'ELDORADO

de St Pierre d'Oléron

 

Amateurs de boogie-woogie et de swing, attention :

 

 

Le jeune prodige Nirek Mokar est invité par le Hot Club de Marennes-Oléron  en compagnie de brillants accompagnateurs: Claude Braud (ts), Nicolas Peslier (g), Simon"Shuffle"Boyer (d), Thibaut Chopin (b).

 

Nirek Mokar n'a que 16 ans mais il déjà reconnu comme un excellent spécialiste du boogie et blues.

 

Retenez la date du 28 octobre !

 

 

 

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La Rubrique de Pierre CHRISTOPHE

Cette rubrique est celle de Pierre Christophe, Président d'honneur du Hot Club de Marennes-Oléron, qui nous livre en toute liberté ses coups de coeur, ses découvertes, ses émotions et aussi pourquoi pas ses coups de gueule à l'occasion.

Il s'agit bien sûr de jazz, mais Pierre ayant plusieurs cordes à son arc, il n'est pas exclu qu'il nous parle aussi d'autres sujets ...

15/08/2017      DOMINIQUE MAGLOIRE ET LE SEPTET MICHEL PASTRE AU CHATEAU D’OLERON

La Charente-Maritime et la ville du Château d’Oléron nous ont offert un splendide concert ce jeudi 10 Août dans le cadre de « Sites en Scène » :

Dominique MAGLOIRE accompagnée du Septet de Michel Pastre.

 

Honneur aux dames, parlons d’abord de Dominique. Elle possède 2 ou 3 qualités qui nous font remonter aux heureux temps où il n’y avait pas d’équivoque quand on avait dit « JAZZ ». A savoir, dans le désordre :

  • Un dynamisme façon Coleman Hawkins (parmi tant d’autres) celui de la période Fletcher Henderson en particulier, ou à la Louis Armstrong années 30.
  • Un énorme volume d’émission qui lui permet de ne pas avoir à forcer, et qui la rapproche de la manière des chanteuses de Gospel, avec, à l’autre extrémité, la science des volumes les plus confidentiels en restant intensément présente.
  • Une conviction évidente à dire les « lyrics » avec une sorte de foi sur des standards pourtant parfaitement profanes qu’elle chante avec, là encore, quelque chose qui n’est pas sans évoquer le feu des chanteuses de Gospel ou celui d’une Helen Humes.

Dans tout cela, je n’ai guère retrouvé de trace de Billie Holiday (pour qui Dominique a une grande admiration), sauf peut-être pour une certaine forme de « feeling ». Je vais me faire incendier si je dis que j’ai plutôt trouvé une fraicheur façon toute jeune ELLA, tant pis, c’est dit. Mais en fait, on serait bien embarassé d’établir une ressemblance avec une quelconque des grandes «  anciennes ». Sa personnalité se suffit à elle-même.

Ajoutons son jeu de scène, qui n’est pas fait de chi-chis archi usés mais d’une intense participation au jeu des instrumentistes dont elle suit et accompagne le discours mélodique avec à propos et fougue, une gestuelle « parlante » et dansante.

Le tout bien sûr avec ce swing « sans lequel ça ne veut rien dire » selon l’heureuse formule du DUKE.

Je me rappelle avoir apprécié ce type de  qualités chez Angela Brown, ce qui est bien sûr très différent de l’immense talent d’une Catherine Russell, pour citer une chanteuse que tout le monde a vue ou au moins entendue dans un passé tout récent.

Le choix de son répertoire nous plonge dans la thématique la plus classique de «  Fine and mellow » à «  They can’t take that away from me » et tant d’autres.

 

Quant à l’orchestre, il a littéralement pété le feu et la symbiose entre lui et la chanteuse était impressionnant. Michel Pastre, au mieux de sa forme comme François Biensan et Patrick Bacqueville nous ont offert des prestations du plus haut niveau tant sur le blues que sur les standards et la rythmique , Pierre Christophe, Enzo Mucci, Pierre Maingourd et François Laudet a « swingué » les souffleurs comme ……… j’allais dire rarement. Non, comme toujours ! Mais ce soir-là, avec une particulière intensité.

 

Nous avions nous mêmes fait venir cette formation à Saint-Pierre d’Oléron en Octobre dernier, et elle avait impressionné les membres de notre municipalité au point qu’ils conçurent de la faire revenir dès cet été !

J’ai ressorti la chronique d’André Vasset (BHCF 646 Décembre 2015) sur le CD produit sous le nom de Dominique Magloire : Vous feriez bien de la relire vous aussi, d’écouter le CD et de courir aux concerts de cette formation.


Ah, oui ! Une superbe soirée.

27/01/2017      BLUES , CHANSONS, SPRITUALS DU FOLKLORE AFRO-AMERICAIN (2)

Pour continuer la série des textes de « blues » ou « songs » de ce répertoire, je vous propose aujourd’hui celui-ci intensément dramatique qui fut chanté initialement par BESSIE SMITH et plus tard par DINAH WASHINGTON (photo).

 

 

 

 Deux choses concourent à sa puissance poétique :


D’abord le texte lui-même avec sa crudité et cette imploration répétée  du «  Send me to the ‘lectic chair ».


Et ensuite, l’interprétation sobre et grave chez BESSIE, et au contraire intensément extériorisée, charnellement vécue chez DINAH.

 

Vous trouverez ces deux superbes interprétations sur des sites genre YouTube (Pour les avoir directement cliquez sur : Dinah Washington ou Bessie Smith)

 

 

 

 

 SEND ME TO THE 'LECTRIC CHAIR

 

Judge you wanna hear my plea, before you open up your court

But I don't want no sympathy, 'cause I done cut my good man's throat

 

I caught him with a trifling Jane, I warned him 'bout before

I had my knife and went insane, and the rest you ought to know

 

Judge, judge, please mister judge, send me to the 'lectric chair

Judge, judge, good mister judge, let me go away from here

 

I wanna take a journey, to the devil down below

I done killed my man, I wanna reap just what I sow

 

Oh judge, judge, lordy lordy judge, send me to the 'lectric chair

Judge, judge, hear me judge, send me to the 'lectric chair

 

I love him so dear, I cut him with my Barlow*, I kicked him in the side

I stood here laughing o'r him, while he wallowed around and died

 

Oh judge, judge, lordy judge, send me to the 'lectric chair

Judge, judge, sweet mister judge, send me to the 'lectric chair

Judge, judge, good kind judge, burn me 'cause I don't care

 

I don't want no one good mayor, to go my bail

I don't want to spend no, ninety-nine years in jail

So judge, judge, good kind judge, send me to the 'lectric chair

 

 

Monsieur le juge, il faut que vous écoutiez ma supplique avant d’ouvrir la séance de la cour.

Mais je ne veux aucune indulgence pour avoir tranché la gorge à mon bonhomme.

Je l’ai trouvé avec cette allumeuse de Jane et je l’avais prévenu, j’avais mon couteau sur moi et j’ai perdu la tête.

Et vous connaissez la suite.

 

Juge, juge, s’il vous plait monsieur le juge, envoyez moi à la chaise électrique,

Juge, juge, mon bon M. le juge, laissez moi quitter cet endroit,

Je veux me payer un voyage, chez le diable, là-dessous tout au fond.

J’ai tué mon homme, je dois récolter ce que j’ai semé.

 

Oh juge, juge, puissant juge, envoyez moi à la chaise électrique

Juge, juge écoutez-moi, envoyez moi à la chaise électrique.

 

Je l’aimais tant, je l’ai entaillé avec mon Barlow*, je lui ai mis des coups de pied dans les côtes et je suis resté à rigoler à le voir tituber et mourir.

Oh ! Juge, juge, tout puissant juge, envoyez-moi à la chaise électrique.
Juge, juge, juge si doux, envoyez-moi à la chaise électrique.

Juge, juge, bon et gentil juge, envoyez-moi à la chaise électrique. Faîtes-moi griller, je m’en fiche.

 

Je ne veux personne pour payer ma caution.

Je ne veux pas passer 99 ans en taule.

Alors juge, envoyez-moi à la chaise électrique.

 

* NB : « Barlow », James Barlow pour être précis, était une marque, et est toujours, une marque de rasoirs droits entre autres.

 

Oublions cette tragédie. Voici une autre histoire. La victime est encore une fois un homme, mais sur un ton humoristique, ce sont cette fois, la bière et les dollars que la dame fait couler, pas le sang !

 

Hommes et femmes ont un très fort penchant réciproque dans cette communauté, et leurs relations revêtent tous les aspects possibles : ici le drame, là l’humour . Mais ce peuvent être les talents et prouesses amoureuses exprimées d’ailleurs par des sous-entendus, par un double langage, crû mais jamais vulgaire.

Exemple de titres évocateurs : « King Size Papa » ou « My Handy Man ». Parfois c’est plus subtil et les images érotiques sont transférées à une autre sphère d’activité : « My kitchen Man ». De la cuisine à ce que vous devinez. Il suffit de lire entre les lignes. Et d’ailleurs je les publierai un jour ici : ils vous amuseront.

 

Mais le blues et les songs afro-américains , c’est surtout, le sociétal, la misère, l’injustice, les désastres personnels ou collectifs : « John Henry », par ex. évoquant les terribles inondations du Mississipi en 1892. Celui-ci trouvera aussi sa place dans cette rubrique.

La liste est longue, très longue des textes que j’ai à vous proposer et amusons nous un instant avec celui-ci, chanté et joué par MEMPHIS SLIM (écoutez).

 

BEER DRINKIN’ WOMAN

 

The story's true ladies and gentlemen
All the names have been changed to
Protect the innocent

The year nineteen hundred and forty
The city, Chicago the place, Rubin's Tavern

 

The story goes something like this

 

I walked into a beer tavern
To give a girl a nice time
I had forty-five dollars when I enter
When I left I had one dime

 

Wasn't she a beer drinkin' woman?
Don't ya know, man don't ya know?
She was a beer-drinkin' woman
And I don't want to see her no more

 

Now, when I spend down to my last dime
She said, darlin' I know you're not through
I said, yes, baby doll
And the trophy belongs to you

 

Wasn't she a beer drinkin' woman?
Don't you know, man don't you know?
She was a beer-drinkin' woman
And I don't wanna see her no more

 

Now she'd often say, excuse me a minute
I've got to step around here
And every time she came back
She had room for another quart of béer

 

Wasn't that a beer drinkin' woman?
Don't ya know, man, don't ya know?
She was a beer drinkin' woman
And I don't want to see her no mo’

 

 

Messieurs dames, cette histoire est authentique.

Tous les noms ont été changés pour préserver l’anonymat.

L’année : 1940

Le lieu : La taverne de Rubin à Chicago

 

Ça se déroule à peu près comme ça :

 

Je me rends dans une brasserie

Pour prendre un peu de bon temps avec une fille.

J’avais 45 dollars en poche en entrant,

mais tout juste 10 cents en partant.

 

Est-ce que ça n’était pas une  buveuse de bière, ça ?

Ne le sais tu pas, mec, ne le sais tu pas ?

Oh ! Si ! C’était une buveuse de bière

Et je ne veux plus la voir

 

Quand j’eus dépensé jusqu’à mon dernier dime

Elle me dit «  Cheri, je sais q’t’ es pas au bout, t’en as encore »

« Oui mon bébé, je lui réponds,

Et c’est toi qui vas empoter le trophée »

 

Quelle buveuse de bière !

Qu’est-ce que t’en penses, frère, qu’est-ce que t’en penses ?

Ah oui ! Une buveuse de bière,

Et je ne veux plus en entendre parler .

 

Souvent elle me disait « Excuse-moi une minute

Faut que j’aille faire un tour par là »

Et chaque fois qu’elle revenait,

Elle avait fait la place pour une autre pinte de bière  

 

C’était pas une buveuse de bière, ça ?

Dis, qu’en pense-tu ?

Oh oui ! C’était une buveuse de bière

Et je ne veux plus jamais la voir         

 

 

 

28/10/2016      BLUES , CHANSONS, SPRITUALS DU FOLKLORE AFRO-AMERICAIN
ET ... PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE

Les Bluesmen noirs de Louisiane, du Mississipi, de l’Arkansas et autres Etats réputés pour leur tolérance ont écrit des textes d’une saveur, d’une poésie d’une authenticité jamais récompensés par un prix quelconque fut-il infiniment moins réputé que le Nobel.

 

Blind Lemon JeffersonEh ! C’est que pour reconnaître leur valeur, il faut d’abord les connaître, s’intéresser au quotidien de pauvres musiciens sortis tout illettrés de leur glèbe avec seulement leur talent pour chanter leurs misères, leurs amours déçus, l’absence d’embauche pour cause de couleur ou au contraire la longueur des jours au travail dans les champs de coton. Et aussi le quotidien le plus prosaïque, le fait-divers tout bête qui s’est produit dans le voisinage : maison incendiée, crime sordide, perte de la mule qui labourait votre lopin de terre, vol d’une poule ou d’un cochon. Ou portrait savoureux du tricheur, du prédicateur lubrique, du "medecine-man" hâbleur. 

Tout cela sans jérémiades et même avec humour, avec un sens de l’auto-dérision inimitable derrière lequel nous pouvons essayer d’imaginer qu’un peu d’espoir se cache. Avec souvent une dernière strophe qui repeint le drame en cocasse pour le rendre supportable. On est loin de la bien-pensance, du politiquement correct, loin des textes convenus encensés par les  Bobo de l’Intelligentsia soucieux de se fabriquer une image de «  belle âme ». 

Pour  rendre hommage  à ces chanteurs-poètes inconnus, je vous proposerai de temps à autre quelques unes de leurs créations autrement plus vivantes et vécues.

 

Blind Willie TellUn autre jour, je vous proposerai un autre type de Blues, celui des Bluesmen et plus encore des Blueswomen, des grands centres urbains comme Chicago. Là, les préoccupations sont tout autres et tiennent presque exclusivement aux relations sexuelles entre exploiteurs plus ou moins proxénètes et leurs dulcinées exploitées. Avec un mélange de bonheur et de souffrance, du sang parfois, des larmes souvent. 

 

Imaginez un bluesman itinérant, un samedi soir, où il aura à faire danser la communauté noire de la bourgade, dans une grange au seul son de sa guitare et de son chant, 100, 200, 500 personnes ; c’est souvent comme ça que cela se passait. Il a eu vent d’un événement survenu récemment dans la bourgade. Le soir, il aura eu le temps de composer les paroles relatant et commentant l’événement. Pour les « Street Evangelisers », c’était identique : A un coin de rue ils s’installaient avec leur sébile, leur chien d’aveugle, leur guitare et leurs grosses lunettes noires, et c’était parti pour une relation d’un fait et son commentaire assorti d’une morale.

 

Bien sûr, tous avaient aussi un répertoire de chansons, hymnes, spiritruals et blues. On pouvait même éventuellement passer du scabreux au sacré, mais en général, on chantait soit la musique du Diable, le blues profane et parfois olé-olé, soit la musique du « Good Lord ».

 

«  Lord, i’m a poor boy and a long way from home,

And i ain’t gonna be treated this away.

 

I’m broke and I ain’t got a dime

Ev’ry good man gets in hard luck sometime.

 

I’m a good old boy, just ain’t treated right,

Freezin ground was my folding bed last night.

 

Make me a pallet on your floor

So your good man will never know »

 Robert Johnson

 

 

Seigneur, j’suis un pauvre gars et bien loin de chez moi,

Et je vais pas être traité comme ça.

 

J’suis fauché et j’ai même  pas une pièce de dix.

Tout brave type connaît un jour la misère.

 

J’suis un bon brave gars sauf qu’on me traite pas bien

Le sol gelé a été mon lit la nuit dernière.

 

Fais moi une paillasse sur ton plancher,

Comme ça ton brave homme connaitra plus jamais ça.

 

Big Bill BroonzyCe vieux blues, un des plus anciens, poignant dans sa simplicité, est l’ humble expression de tous ceux qui avaient été abimés par la pauvreté, la solitude de l’orphelin, l’absence d’un foyer, la justice de Jim Crow*, les femmes qui les avaient mal traités. Son House, Blind Lemmon Jefferson, Robert Johnson sont de ceux-là.

D’autres ont connu des conditions moins dramatiques, recueillis par des grand’parents compatissants, soutenus par l’affection d’une femme (ou plusieurs femme successives !),  et leurs blues ont un goût un peu moins brutal tout en restant amer, avec très fréquemment une dose  d’humour réconfortante, Big Bill Broonzy, par exemple :

 

This little song that i’m singing about

People you know is true

If you’re black and go to work for a living

This is what they will say to you.

Theys ay if you’swhite, you’s allright

If you’s Brown, stick around

But as you’re Black,

Mmm Mmm Brother, git back, git back, git back.

I was in a place one night

They was all having fun

They was all buying béer and Wine

But they would’nt sell me none

 

They said if you’re white………..

 

They said if you’s white, ‘ll be allright

If you’s Brown, stick around

But if you’re black

Mmm, Mmm Brother, git back, git back, git back


They said if you’re white………..

 

Me and a man were working side

This is what it meant

They was paying him a dollar an hour

And they was paying me fifty cents.

They said if you’re white………..

 

I went to an employement office

Got a number and i got in line

They called everybody’s number

But they never did call mine

 

Yhey say If you’s white……………….

 

I helped win sweet victory

With my little plough and hoe

Now I want you to tell me, Brother

What you gonna do ‘bout the Old Jim Crow

 

Now if you’s white…………..

 

I helped build the country

And i fought for it too

Now I guess you can see

What a black man has to do

 

 

 

La petite chanson que je vous chante,

Vous savez qu’elle est vraie bonnes gens

Si vous êtes noir et cherchez un boulot pour vivre

Voilà ce qu’ils vous diront

 

Refrain :  

Ils disent, si t’es blanc, ça va

Si t’es brun, attends par là

Mais comme t’es noir,

Mmm Mmm, vieux frère, tu peux te tirer

 

J’étais quelque part, un soir

Ils prenaient tous du bon temps

Ils achetaient tous de la bière et du vin

Mais à moi , ils n’en ont pas vendu

 

Un blanc et moi on travaillait côte à côte,

Et qu’est-ce que ça veut dire

On lui donnait un dollar de l’heure

Et à moi cinquante cents

 

Je suis allé au bureau de placement

J’ai pris mon numéro et ma place dans la file

Ils ont appelé tous les numéros

Mais le mien, ils ne l’ont jamais appelé

 

J’ai aidé à la victoire

Avec ma petite charrue et ma houe

Alors maintenant, vieux frère, je voudrais que tu me dises

Ce que tu comptes faire du vieux Jim Crow.

 

J’ai aidé à construire cette nation

Et je me suis battu pour elle.

Tu vois maintenant, je devine,

Ce que peut faire un homme noir.

 

* Le terme « Jim Crow » (ou les lois Jim Crow) représente l’ensemble  des mesures et dispositions  ségrégationnistes et également la mentalité et les mœurs sociétales d’où résultent ces mesures.

       

NB : Grâce à internet ( You Tube, par ex. ) il vous sera facile d’écouter ce blues de Big Bill Broonzy

(1893-1958), et bien d’autres,  intitulé «  Black Brown & White » et qu’il enregistra pour la 1ère fois à Paris en 1956. Sa voix superbe, son jeu de guitare sèche qui ne l’est pas moins sont des sommets du vieux blues rural. Précipitez-vous sur tous les enregistrements de ce grand musicien, poète et grand swingman en prime.

17/03/2016      BLUES et CONTEXTE SOCIAL

BLUES ET CONTEXTE SOCIAL

Jacques Morgantini écoutait en 1950 avec Big Bill Broonzy des disques de ce dernier et à l’époque il ne connaissait pas ses accompagnateurs. Il lui demande :

" Ce pianiste est très bon qui est-ce ?  

- Memphis Slim " lui répond Big Bill.

" C’était la première fois que j’entendais ce nom" commente Jacques Morgantini.  Puis écoutant un autre disque Jacques dit à Big Bill :

"Celui-là est bon aussi mais il n’arrache pas les tripes comme Memphis, c’est joli, mais c’est moins prenant".

 - Oui, mais chez lui, on mangeait bien", commente Big Bill. "C’est Blind John Davis" ajoute Big Bill.

Cette anecdote rejoint la réflexion de John Lee Hooker à qui ce même Jacques Morgantini faisait remarquer que tel disque était gâché par la médiocrité de ses accompagnateurs anglais et qu’il ne devrait pas enregistrer avec des gens de si faible niveau : " Oui en effet, ils ne sont pas bons, mais le pain, lui, il est bon ".

Ou encore Muddy Waters à qui quelqu’un s’était laissé aller à dire qu’il ne trouvait pas dans ses enregistrements récents la flamme de ses débuts. Muddy sortit une poignée de billets de sa poche : " C’est à cause de ça ".

 

15/03/2016       Tommy Ladnier

TOMMY LADNIER ET LE BLUES

En 1938, Hugues Panassié était à N.Y. où il enregistrait ses célèbres sessions.

Exprimant à Tommy Ladnier à quel point il admirait sa façon de jouer le Blues, il eut la surprise le lendemain de voir arriver le grand trompettiste avec un disque de Kokomo Arnold, ( vieux chanteur et guitariste de blues des premières générations ) : " Chain Gang Blues", et le lui offrir avec ce commentaire : " Le Blues, eux, (sous-entendu, les bluesmen ruraux ) savaient de quoi il s’agissait ; nous on ne sait rien ".

Pourtant, Dieu sait si Tommy savait de quoi il parlait et on ne peut qu’admirer à la fois la connaissance qu’il avait d’une musique à la quelle il n‘était guère prêté d’attention à l’époque et aussi sa modestie  vis à vis des anciens ! Cette anecdote nous a été rapportée à Claude Bisseriex et à moi-même par Jacques Morgantini.

Ce dernier demanda un jour à Hugues , sans doute vers la fin des années 40 ou au tout début des 50, où était ce disque, mais Hugues ne put le retrouver et, à l’époque, ne portait pas encore une attention aussi profonde que par la suite à cette musique, débordé, il est vrai, en ces heureux temps, par la surabondance de la production jazzistique.